Big Brother - Lionel Shriver

Publié le par Stephanie

Big Brother - Lionel Shriver

Parce que j'avais adoré "Il faudrait qu'on parle de Kévin", que tout le monde ou presque connaît aujourd'hui j'imagine, j'ai sauté sur ce livre avant même de savoir de quoi il parlait. Et je l'ai attaqué aussi vite, mais comme tout le monde n'est pas comme moi, je vais quand même vous en dire plus.

Résumé :

Pandora, quadragénaire fade, et pourtant chef d'entreprise, reçoit son frère qu'elle n'a pas vu depuis quatre ans. Elle l'avait quitté musicien de jazz accompli, bel homme charmeur et dynamique, elle retrouve un homme omnubilé par la nourriture, obèse morbide, avec comme seul relief celui de sa silhouette. Et l'histoire s'attache à ça, à ce rapport au poids, et à l'alimentation, fléau de l'Amérique d'aujourd'hui, mais exportable en Europe, en France sans difficulté.

Mon avis :

Comme je vous le disais, j'avais adoré l'histoire de Kévin, ça m'avait mis mal à l'aise, ça m'avait énervé, ça m'avait retourné, ça m'avait donné envie de me jeter dans le livre pour changer la vie et la vision des personnages, pour arranger les choses, pour les secouer. Et ce livre, Big Brother m'a donné exactement le même sentiment. Lionel Shriver écrit, comme pour Kévin, son livre en JE. On rentre dans la tête, dans le ressenti, dans le vécu de Pandora, et on a envie de discuter avec elle, de lui parler, de lui faire changer certains points. Et parfois aussi même, on se met à sa place, face à Edison son frère "mou", face à Fletcher son mari "rigide".
Je crois que cette auteur maîtrise aussi un talent passionnant : on ne tombe jamais amoureux de ses personnages. J'entends par là que contrairement aux humains croqués par nombre d'autres auteurs dont on se dit "mais oui, c'est moi" ou "mais non, prends soin de lui, ne lui fait pas de mal", là, on a toujours envie à un moment où à un autre de râler sur le personnage. Et j'adore ça. J'adore le sentiment que cela procure, comme dans la réalité. Les gens ne sont jamais tout bien ou tout mal, ils sont un peu des deux...

Le seul reproche que je ferais? C'est le twist final. Je sais que pour beaucoup c'est le point magistral du livre, mais moi je l'ai trouvé mal amené, et j'ai failli fermer le livre énervée avant de lire le reste des dernières pages. Mais bon, comme je disais, on ne lit pas Shriver comme on lirait de la chick lit, on en ressort pas indemne. Et c'est ce qui fait son talent!

Note :

16/20
Je reste reservée sur l'arrivée de la conclusion, même si elle change bien les perspectives du livre, mais le talent reste là.

Publié dans Romans

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