Le club des incorrigibles optimistes, de Jean-Michel Guenassia

Publié le par Stephanie

Ouh là ça fait bien longtemps que je  ne suis pas venue dans ce coin là! Non pas que j'avais oublié, loin de là, mais c'est surtout que quand on bosse, on perds 30 h par semaine pour lire! Eh oui, j'ai un petit job pendant quelques temps. Et 30h, c'est quand même bien des livres en moins... Quoi qu'il en soit, ça y est, j'ai enfin terminé celui ci, de livre:

http://images.amazon.com/images/G/01/richmedia/images/cover.gifLe club des incorrigibles optimistes, de Jean-Michel Guenassia 

Je pense que tout le monde ou presque a du en entendre parler, de celui-ci. Le prix Goncourt des lycéens 2009. Un pavé de 750 pages, parcourant une quarantaine d'année de la vie de Michel et ses amis. Au début, en voyant le titre, j'imaginais un bouquin qui regorgerait de "je suis heureux, c'est cool la vie", genre journal intime de Michel, tendre naïf. Et il se trouve que ce n'est absolument pas ça. C'est bien l'histoire de Michel du moins en partie, c'est bien raconté par Michel mais...On est loin du bonheur mièvre. Très très loin. On est plutôt dans le bonheur du "la vie est pourrie, mais surtout, profites en tant que c'est pas pire". Alors pourquoi le club des incorrigibles optimistes? Justement pour ça. D'ailleurs, il faut avoir lu bien un quart voire un tiers du livre pour comprendre le pourquoi du titre, mais ça explique bien des choses. 

Michel Marini avait douze ans en 1959. C'était l'époque du rock'n'roll et de la guerre d'Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l'arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient passé le Rideau de Fer pour sauver leur peau. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, trahi leurs idéaux et tout ce qu'ils étaient. Ils s'étaient retrouvés à Paris dans ce club d'échecs d'arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu'ils étaient tous d'incorrigibles optimistes. Portrait de génération, reconstitution minutieuse d'une époque, chronique douce-amère d'une adolescence : Jean-Michel Guenassia réussit un premier roman étonnant tant par l'ampleur du projet que par l'authenticité qui souffle sur ces pages."

J'ai beaucoup apprécié dans ce bouquin les doubles triples quadruples récits. Les vies qui se suivent, qui s'enchaînent, qui se croisent, ces décalages de temps mais raconté en parallèle, et enfin, la compréhension de ce qui a amené à ça. En revanche, il faut bien du temps pour rentrer dedans, parce que beaucoup de personnages, beaucoup de situations, beaucoup de contexte historique qui, parce que je maîtrise mal l'histoire, m'ont un peu perdu par moment. Sur certains points, dans certaines constructions, ça m'a rappelé certains auteurs russes. Beaucoup de personnages, du moins l'impression qu'il y en a beaucoup, et un certain moment avant de découvrir qui ils sont, et surtout, qui est qui. Mais dès lors qu'on arrive enfin à planter le décors, on ne le lâche plus.

J'ai bien compris pourquoi un goncourt des lycéens. Mais aussi pourquoi d'autres, bien loin de cet âge lycéen, ont pu apprécier tout autant. On est dans l'histoire, mais aussi dans l'Histoire. Et mine de rien, ces incorrigibles optimistes donnent bien envie de devenir, nous aussi, des incorrigibles optimistes. Et encore plus avec les quelques larmes perlant aux yeux à la fin.

J'aurai bien aimé mettre une citation, mais...Trop difficile de garder seulement quelques mots de 750 pages pour expliquer l'atmosphère du bouquin. Juste une dernière recommandation ( la même que je donnerais pour La consolante d'Anna Gavalda, pour ceux qui ne l'ont pas encore lu ): même si les premières pages sont longuettes, qu'on n'accroche pas avec tout ces gens qu'on ne connait pas, continuez. Ne lâchez pas le livre si vous n'êtes pas arrivé au moins à la centième page! 

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