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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 19:55

Un peu moins joyeux que le précédent article, que j'ai posté il y a plusieurs jours déjà...Tout ça parce que je travaille, et que j'ai la flemme de récupérer mon cerveau pour écrire deux trois mots sur un bouquin en rentrant!

http://ecx.images-amazon.com/images/I/21pg9gN9IGL._SS500_.jpgLes mains gamines, d'Emmanuelle Pagano 

Le titre déjà est évocateur du livre. Non pas forcément sur le sujet, mais sur la façon d'écrire. Comme si elle nous suggérait sans dire. Sans jamais vraiment dire. Et en disant tout, pourtant. On n'est pas toujours très sûr d'avoir compris, et d'ailleurs, est-ce l'essentiel? Est-ce que si on comprenait tout l'histoire en serait moins cruelle? Est-ce qu'en comprenant tout, on en ressortirait avec moins de questions? 

C'est l'histoire d'une petite fille. Une petite fille, et sa fille, et son entourage.Une petite fille qui en CM2 a subit les mains gamines de ses camarades, des mains qui ne parlent plus. Une femme qui 30 ans plus tard n'a rien oublié. Une femme, victime, ou pas. 

"Les mains gamines étaient très jeunes et malhabiles, inexpérimentées, presque analphabètes, d’autant plus brutales.
Crier ne servait à rien.
Pour supporter, je me disais crier ne sert à rien. Je tenais en me disant plus tard, j’écrirai, et ce sera plus violent encore, plus adroit. Je rentrais en classe, et j’essayais d’apprendre très vite, de tout comprendre, pour aller plus loin, bien plus loin que leurs gestes limités de petits garçons.
J’ai des mains de petite fille, gants taille 5-6, 12 ans. N’empêche, je sais écrire. J’ai des mains qui ont l’air d’être des mains de petite fille, mais ne vous y trompez pas, ce sont des mains d’adulte. Avec elles, j’écris. Je suis allée beaucoup plus loin en moi que cet endroit dont leurs doigts n’ont aucun souvenir."


Cette poésie de l'horreur, cette poésie de l'exutoire, cette poésie de l'histoire est très particulière. Et il y a aussi cette angle de l'histoire. Pour dire l'indicible, elle l'écrit.  En figure de style, en imagination,  en sublimation. L'auteur utilise aussi cette façon de dire sans dire, de comparer pour expliquer. Les insectes, les vers à soie, tout le champs lexical de la magnanerie pour raconter.

C'est un beau livre. Dérangeant, interrogeant. Mais qui ne laisse pas indifférent
.  


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